Le blog météo de B3S

Le blog météo de B3S répertorie les liens météo concernant le prévision de houle concernant la pratique du surf. La baies des 3 soleils a pour but de réunir, informer et sensibiliser les pratiquants des sports de glisse à l’environnement dans le Cotentin e

01/08/06

les dechets de nos plages

L’été continue et le plastique sur les plages est toujours la. Dans un souci de pédagogie, (et non pas de paresse) et pour toucher le plus grand nombre de personnes, nous avons pensé que cet édito méritait bien d’être lu tout l’été. Bonne lecture, bonnes vacances, et bon surf Commençons par une petit récapitulatif. Il faut 450 ans pour qu’une bouteille en plastique se dégrade. 200 à 250 ans pour une boîte en aluminium, 100 ans pour une boîte en fer, et 6 mois pour un mégot de cigarette. Dans des mers fermées comme la Méditerranée, on a compté jusqu’à 2 000 objets flottants au km². Nous parlions en introduction de l’indignation des touristes en arrivant sur certaines de nos plages. Mais dans les régions qui vivent principalement du tourisme, on a trouvé une « solution » : nettoyer les plages en supprimant les laisses de mer (ce que la marée dépose sur la plage). Mais à trop vouloir rendre les plages propres, sous prétexte de répondre aux exigences des touristes, l’homme est en train de nuire à son environnement. En effet, les laisses de mer ne contiennent pas que des détritus. Les algues et les bois flottants (troncs d’arbre, branches) qui sont des éléments naturels, jouent un rôle écologique. Une micro-faune s’y développe, dont se nourrissent les petits oiseaux de mer. En supprimant les laisses de mer, l’homme met en péril certaines espèces d’oiseaux déjà menacées par d’autres types de pollution. Il ne faut jamais perdre de vue que l’environnement est un système. Si on en supprime un élément, il y a réaction en chaîne La dernière étude sur les macrodéchets des plages a été récemment publiée par la Marine Conservation Society. Elle a analysé les 279 847 débris retrouvés les 22 et 23 septembre 2003 sur 134,9 km des côtes sud de l’Angleterre, au cours des 11e journées annuelles de nettoyage des plages. Sur les 1 609 macrodéchets ramassés par kilomètre, en moyenne, 56% étaient en plastique, du sac de supermarché au briquet (Sources : Ifremer). Les 10 débris les plus fréquents étaient :

2. Cordages, filets de moins de 50 cm

3. Emballages de chips, bonbons

4. Coton et coton-tiges

5. Pièces de plastique de moins de 1 cm

6. Capsules et couvercles

7. Mégots de cigarettes

8. Morceaux de polystyrène de moins de 50 cm

9. Bouteilles de plastique

10. Morceaux de verre.

 

L’ingestion de sacs et débris en plastique serait à l'origine du décès de nombreux animaux. Le rapport donne une estimation d’un million d’oiseaux et de 100 000 mammifères et tortues chaque année. Le cas du petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata) femelle d'une longueur de 3.97m échoué mort sur la plage de Lestre en Normandie le 6 avril 2002 mérite d’être rapporté. Lors de l’analyse de son contenu stomacal, le Groupe d'Etude des Cétacés du Cotentin  (http://perso.orange.fr/gecc/actus.htm), et des scientifiques de l'Université de Caen y ont identifié:

  • 1 emballage de chips en plastique et aluminium,
  • 2 sacs plastiques type supermarché anglais,
  • 7 morceaux de sacs poubelle de diverses couleurs, dont un de 25 x 70 cm et un autre de 70x75cm),
  • 7 sacs plastiques translucides (entiers et morceaux) dont un de 90 x 30 cm et un autre de 100 x 20 cm.
  • 1 emballage de produit alimentaire…

Le tout représentait un poids humide d'environ 800g.

 

 

Mais la pollution par le plastique ne se limite pas aux seuls macrodéchets visibles. Des scientifiques anglais de Plymouth et de Southampton ont publié dans la revue Science (Lost at Sea : Where is All the Plastic, 7 mai 2004, vol 304, p.838) les premiers résultats d’une étude sur les fragments microscopiques de plastique et de fibres, qui résultent d’une dégradation mécanique sous l’effet du vent ou des vagues et qui passent inaperçus dans l’environnement marin. Tous les échantillons de sédiments qu’ils proviennent de plages, d’estuaires ou du large de différentes régions côtières du Royaume Uni contiennent des micro-débris des différentes formes des 9 polymères recherchés : polyester, acrylique, polyamide, polypropylène … Des comparaisons avec des échantillons de filtrats d’eau de mer prélevés depuis quarante ans montrent que la concentration en micro particules de plastique a triplé depuis les années 70. Mises dans des bassins expérimentaux, ces particules furent ingérées par les trois espèces présentes : amphipodes, bernacles, et vers détritivores. L’étude doit se poursuivre pour examiner si le plastique et les substances toxiques qu’il véhicule est toxique pour ces animaux ou s’il bloque leur système digestif.

 

Quelles sont les solutions face à une telle réalité ? Surfrider Foundation organise depuis plusieurs années des nettoyages de plage, mais cette opération n’a d’autre intérêt que de tenter de sensibiliser le grand public, et il faut bien avouer que le combat est difficile, tant l’individualisme est répandu de nos jours. Pour apporter des solutions concrètes, il convient d’engager des actions concrètes au niveau industriel et politique. La lutte dans le domaine industriel peut prendre 3 formes complémentaires. Il s’agit en premier lieu de réduire la masse de matière dans un emballage donné, privilégier l’usage de matériaux dégradables, sinon biodégradables, et bien sût intégrer les déchets du littoral dans le traitement des emballages. Certaines entreprises font des efforts, et tous les fabricants répondent immédiatement que réduire la masse de matière dans un emballage fait partie de leurs priorités évidentes et donnent des exemples de réduction de poids de matière dans des récipients. Pourtant les emballages se multiplient par couches successives. Ben oui, la packaging c’est important. Ce qui compte avant toute autre chose, c’est vendre. Les actions « écologiques » des grands groupes ne sont donc généralement que pure communication, de Leclerc à Danone, en passant par Quicksilver…

 

Le moyen le plus important de faire pression reste les représentants du peuple, le Politique. Leur rôle est avant tout d’établir une législation cohérente permettant de lutter efficacement contre la pollution. Mais encore une fois, on constate le plus souvent que l’économique passe avant l’humain. Et quand bien même une action nationale serait efficace, le jeu des échelles pointe le bout de son nez. Par exemple, Beaucoup de macrodéchets qui migrent dans le Golfe de Gascogne avant d’arriver sur les plages proviennent d’Espagne. De ce point de vue la, l’Europe est notre seule solution, mais on est loin d’avoir un continent uni, notamment au niveau légisaltif. L’autre point important pour le Politique, c’est de sensibiliser les nouvelles générations aux problèmes environnementaux. Mais combien de gens quittent la plage en laissant leur papiers et plastiques sur place, ou jettent leur cigarette dans le sable (ou ailleurs) ? Du beauf de 50 ans à la nymphette de 20 ans, peu de gens ont aujourd’hui une conscience environnementale, même si tout le monde se dit soucieux du devenir de la planète. Alors cet été, si vous voyez quelqu’un balancer un papier par terre alors qu’il y a une poubelle à 5 mètres, prenez 30 secondes pour lui expliquer calmement qu’il a tort. Certes ça ne changera pas grand chose, mais ça fera peut être un con de moins sur cette Terre

Posté par baie3soleils à 10:01 - Permalien [#]


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